La pollution plastique est partout

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29.09.2015

De premières observations à partir des données récoltées lors de la Race for Water Odyssey et analysées en collaboration avec l'Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ont permis de dresser un premier constat affligeant: la pollution plastique est présente partout, et dans des quantités importantes.

Au cours des 6 premiers mois de l’expédition, la Race for Water Odyssey a pu échantillonner les plages de plusieurs îles situées dans les zones d’accumulation de déchets de l’Océan Atlantique Nord et celles de l’Océan Pacifique Sud et Nord (également nommées gyres ou vortex de déchets).

Les échantillons de plastique collectés sur les différentes plages sont actuellement en cours d’analyse au Laboratoire Central Environnemental de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, qui procède à une analyse typologique. Suite à cette première phase, ces échantillons seront étudiés par l’Université de Bordeaux (France) afin de procéder à des analyses d’écotoxicité sur des larves de poisson, ainsi que par la HEIA de Fribourg (Suisse), qui étudiera les polluants adsorbés par les microplastiques. De plus, les échantillons de plancton prélevés en mer durant les navigations ont été envoyés fin août aux Etats-Unis par dans le cadre du projet de science participative Plankton Planet.


Des résultats préliminaires alarmants

Des résultats préliminaires sur les trois premières escales : Açores et Bermudes (zone d’accumulation de l’Atlantique Nord) et île de Pâques (Pacifique Sud), permettent de dégager quelques premiers constats. Ces résultats préliminaires n’incluent pour l’instant qu’un bilan sur les catégories de débris échantillonnés, des informations complémentaires sur les types de plastiques complèteront par la suite  ces données. En premier lieu, les différents échantillonnages ont permis de relever la présence de gros déchets ainsi que de petits déchets sur chaque île visitée. La pollution plastique est donc présente partout, mais avec des spécificités locales et des quantités variables de micro et de macro déchets.  

Le plastique constitue la grande majorité des macro déchets retrouvés. Ce matériau constitue en effet 84% des déchets récoltés aux Açores, 70% aux Bermudes et 91% sur l’île de Pâques. Le type dominant de macro plastique est constitué par des morceaux de  plastique dit « dur » (entre 40 et 74% du total), suivi par les fils de pêche et morceaux de corde, les mousses, les capsules, les films et les filtres de cigarettes. Les activités maritimes et de pêche sont logiquement à la base de la concentration en morceaux de corde et en fils de pêche. Globalement, les Bermudes semblent être plus exposées aux déchets issus de ces activités que les Açores et l’île de Pâques.  
  
Concernant les petits déchets, le plastique dur domine également. Ce phénomène peut s’expliquer par le fait que les gros déchets de plastique dur se fragmentent en méso et micro plastiques par l’action  des vagues et du rayonnement solaire.  Cette catégorie est suivie par les fils de pêche. Aux Açores et sur l’île de Pâques, un autre type de micro plastiques est également très présent : les granulés de résine (aussi appelés « pellets »). Frédéric Sciacca, conseiller scientifique de la Fondation Race for Water, précise : 

« Les pellets sont la base de toute production industrielle plastique, ils proviennent en majorité des cargos porte-conteneurs, qui, lors de conditions météorologiques difficiles, peuvent perdre une partie de leur cargaison. Toutefois, ils peuvent également provenir des activités industrielles mal encadrées sur le continent. En effet, les pellets accidentellement déchargés dans une zone non contrôlée peuvent très facilement aboutir dans les rivières puis dans les océans suite au ruissellement des eaux de pluie par exemple. Ces granulés peuvent constituer un vrai fléau, en particulier sur l’île de Pâques, où la concentration de pellets est considérable. Ils représentent plus de 36% du total des micro plastiques récoltés. »  


Drones et macro déchets : une technologie expérimentale 

Pour la 1ère fois, un drone aérien est utilisé dans le cadre d’un projet environnemental à large échelle. Le drone « eBee » de la société suisse senseFly réalise en effet une cartographie haute définition des plages et des zones hauturières étudiées. L’utilisation du drone a pour objectif d’établir un 1er bilan des fonctionnalités de cette technologie innovante pour développer, à terme, un outil performant dans la détection des macro-déchets. Suite aux ajustements effectués après les premières escales, les données visuelles produites par les drones sont en effet exploitables et permettent de constituer une banque d’images témoins visant à identifier les déchets, en particulier les macro-déchets plastiques qui jonchent les littoraux. Elles sont en ce moment analysées par les Universités de Duke et de l’Etat d’Oregon. Vous pouvez visualiser les images déjà produites en cliquant ici.

Notre solution à la pollution plastique

Le constat de la Fondation est clair : un nettoyage efficace des océans à grande échelle n’est pas réaliste. Traiter les déchets avant qu’ils n’atteignent l’eau est une nécessité. Notre objectif est donc de valoriser les déchets plastiques grâce à une technologie innovante permettant de les transformer en énergie.
Cette approche inspirée de l’entreprenariat social permet la création d’emplois, en particulier pour les plus démunis. De surcroît, ce procédé de production d’énergie engendre des bénéfices environnementaux importants en réduisant la pollution plastique de manière conséquente.

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En avril 2017, Race for Water est repartie autour du monde pour une Odyssée de l’Espoir. A bord d'un navire révolutionnaire à propulsion mixte solaire-hydrogène-kite, l'équipe de la Fondation souhaite démontrer que la transition énergétique a commencé et que des solutions durables existent pour protéger l'océan des pollutions anthropogéniques.